Et le jour prend forme sous mon regard


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C’est en présence de S.A.R. le Grand-Duc Héritier, que la première de ce spectacle a pu  avoir lieu au Mierscher Kulturhaus à Mersch, le vendredi  19 février 2016.

S.A.R. le Grand-Duc Héritier, a pu admirer par la même occasion, le vernissage de l’exposition Kunst kennt keine Grenzen, regroupant les oeuvres des artistes en situation de handicap de la Fondation Kräizbierg.

 


 

«blanContact» au «Mierscher Kulturhaus»

Le regard ouvre la portede tous les possibles
Rencontre entre artistes et danseurs avec et sans handicap

 

Après deux créations en 2009 et 2011, le projet artistique «blanContact» revient sur le devant de la scène du «Mierscher Kulturhaus» avec «… Et le jour prend forme sous mon regard». Une oeuvre chorégraphique d'Annick Pütz et de Thierry Raymond, sur des textes de Nico Helminger, où artistes professionnels et danseurs amateurs avec et sans handicap se rencontrent.

A travers des jeux de mouvements et de regards, des liens se tissent avec l'autre mais aussi avec soi-même, en toute simplicité, fragilité, force et légèreté. «… Et le jour prend forme sous mon regard » est un travail sur la présence de chacun et sur la relation à l'autre. C'est par le regard que nous existons, c'est lui qui nous tient à distance ou au contraire nous rapproche.

Dans cette oeuvre, le regard prend différentes couleurs, il devient tendresse, curiosité, solitude, joie, malice, ou encore colère...
Par l'échange et la rencontre, il parvient à faire tomber les barrières des a priori et à ouvrir la porte des possibles. Au total, ce sont vingt artistes: danseurs, musiciens, auteur et chanteuse comédienne qui se partagent la scène sous forme de solos, duos, trios et d'ensemble.

Alors que dans un premier temps, les regards s'ignorent, se cherchent, se toisent, ces derniers finissent par se trouver et se rapprocher aux sons du hautbois, de l'accordéon, et du violon.

Les corps se frôlent, se touchent, se repoussent et s'enlacent au travers d'un slow, d'un chant, ou encore d'un pas de trois. «… Et le jour prend forme sous mon regard » bouscule avec douceur et élégance les disciplines de la danse, de la musique et de l'écriture sur un même terrain de jeu.

 

Comme si c'était la première fois

Avec cette pièce, chaque individu est amené à s'interroger sur sa présence à soi, à l'autre, au monde et à ressentir les choses comme si c'était la première fois.

Il s'agit de vivre l'existence du moment, de rencontrer la différence mais aussi d'en jouer. Par le biais d'un tango et du silence des regards, deux corps qui se font face échangent leur place en prenant le fauteuil de l'un, la chaise roulante de l'autre.

En jouant à inverser les rôles avec beaucoup de tendresse et de simplicité, le handicap disparaît pour laisser place à une suite de moments vécus. Un jeu que l'on retrouve non sans esprit lorsque le symbole même du handicap, la chaise roulante, se transforme en bolide de course tous feux allumés. Il est indéniable que le plaisir des artistes à être sur scène est communicatif et qu'au delà d'être un projet rassemblant divers genres artistiques, cette chorégraphique est une rencontre enrichissante pour tous ceux qui y participent, spectateur y compris.

Le rapport à soi et le rapport à l’autre s’expérimentent et s’expriment dans cette oeuvre à travers le regard mais aussi à travers le contact physique, la peau enétant le vecteur privilégié.

Comme l'écrit si bien Nico Helminger «...il y a une mémoire du regard comme il y a une mémoire de la main, tout corps se souvient de chaque rencontre, il reste une trace... C'est dans la façon dont on touche, par un geste, un regard, et de comment on est touché que l'autre me révèle dans tous les sens du terme. ... Ainsi mes mains te regardent et ton regard me touche, inventant cette autre langue à partir de milliers de mémoires dansées».

Sur scène, les frontières se franchissent, les rôles et places s'intervertissent. L'énergie des uns puise sa source dans l'énergie des autres, corps et notes mêlés. Une façon pour chaque artiste de nous dire que nous ne sommes pas condamnés à l'incompréhension de l'autre, ni à une société de concurrence, bien au contraire.

La notion de handicap n'existe que par la confrontation avec la norme et l'adaptation que nous imposent nos systèmes sociaux. A contrario, la danse permet de valoriser la singularité. Elle est un outil exceptionnel de dialogue et de communication entre individus, et ce, quelles que soient les entraves corporelles, intellectuelles, relationnelles générées par le handicap. «... Et le jour prend forme sous mon regard» est une pièce chorégraphique prenante qui ne peut nous laisser insensible, car elle touche à ce qu'il y a de plus profond en nous. C'est une aventure humaine qui nous emmène à la découverte de l'essentiel, c'est-à-dire, de soi et de l'autre.

Au Grand Théâtre de Luxembourg le 24 février à 20 heures. Prix : 19 euros (9 euros pour les jeunes). Réservations au 47 08 95 1 et sur www.luxembourgticket.lu.
Infos: www.kulturhaus.lu

 

Luxemburger Wort / Mireille Petitgenêt, 22.02.2016

 

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